PARIS, 23 octobre (TICsanté) – Une enquête menée à l’initiative de la Fondation de l’Avenir montre que si les Français manquent encore d’informations sur la télémédecine, la majorité l’appréhende de façon plutôt positive. Cette étude a fait l’objet d’une présentation dans le cadre du Carrefour de la Télésanté 2012, organisé par le CATEL (Club des acteurs de la télémédecine), le 18 octobre à Paris.
L’enquête a été réalisée on line, du 13 au 20 septembre, auprès d’un échantillon de 1.154 internautes âgés de 18 ans et plus. Les objectifs étaient de dresser un panorama de cette discipline, plus particulièrement de la téléconsultation et de la télésurveillance (qui impliquent la relation directe médecin-patient), et d’identifier les leviers et les freins éventuels du grand public.

Au total, 75% connaissent au moins de nom la télémédecine et 23% voient précisément de quoi il s’agit. Par ailleurs et de façon plus détaillée, 75% connaissent au moins de nom la téléconsultation et 79% la télésurveillance, mais un quart d’entre eux seulement déclare réellement connaître la pratique de la première et un tiers celle de la seconde.

Les personnes les plus averties dans ce domaine sont les séniors et les Franciliens. A contrario, les moins de 35 ans et les catégories socio-professionnelles inférieures ont un niveau de connaissance particulièrement bas de la télémédecine.

Toutefois, 63% des interviewés s’estiment mal informés sur les pratiques de cette discipline, ses avantages, ses inconvénients et ses risques.

Si l’ensemble (74%) a globalement une bonne perception de la télémédecine, ceux qui la connaissent le mieux en ont une excellente image (82%). Seuls 7% des répondants estiment qu’il s’agit d’une très mauvaise chose. Premiers publics séduits: les habitants des petites villes, les catégories socio-professionnelles supérieures, les 65 ans et plus, ainsi que les hommes.

Concernant la téléconsultation, si une large moitié de répondants pourrait y faire appel pour elle-même (56%), 38% seraient prêts à y recourir pour leurs parents dépendants et 34% pour leurs enfants. Les plus favorables sont les hommes, les personnes âgées de 65 ans et plus, les catégories socio-professionnelles supérieures ou les inactifs, ceux disposant d’une mutuelle personnelle et n’ayant pas de médecin dans leur entourage proche.

La télésurveillance suscite un peu plus l’adhésion du grand public, bien que le niveau d’intention reste encore relativement inégal: 60% y feraient appel pour eux-mêmes, 58% pour leurs parents dépendants et à peine plus d’un tiers pour leurs enfants. Les personnes de 50 ans et plus, les catégories socio-professionnelles supérieures et les inactifs, les Franciliens, les hommes, ceux disposant d’une mutuelle personnelle et ceux n’ayant pas d’enfant ou de foyer seraient prêts à faire appel à la télésurveillance pour eux-mêmes.

Les principaux freins à ces deux disciplines se cristallisent autour de la peur d’un diagnostic incomplet et/ou erroné et de la déshumanisation de la médecine. En revanche, les leviers se concentrent sur leurs aspects « praticité » et « réactivité ». Par ailleurs, si la majorité des répondants attribue la téléconsultation à tous types de publics, elle envisage la télésurveillance comme une pratique mieux appropriée aux plus âgés.

Enfin, si les deux tiers des personnes interrogées font preuve d’optimisme vis-à-vis de la télémédecine en général, la téléconsultation est davantage perçue comme une solution de dépannage, alors que la télésurveillance semble plus considérée comme une future pratique courante.