En permettant l’échange d’images médicales à distance entre médecins, la téléimagerie facilite la collaboration médicale à l’heure où le traitement de certaines maladies nécessite de plus en plus l’intervention de plusieurs spécialistes. Parce qu’elle consiste à déplacer l’image au lieu de déplacer le patient, cette technologie apporte un confort supplémentaire aux malades.

Qu’est-ce que la téléimagerie ?

La téléimagerie se caractérise par la transmission d’images médicales (radiologies, IRM, scanner, électrocardiogramme…) entre deux sites médicaux distants, afin de pouvoir être consultées et interprétées par des professionnels de santé différents. Selon le SNITEM, le Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales, la téléimagerie peut donc être considérée comme « une pratique médicale coopérative d’aide à la décision clinique basée sur l’image ».

Elle est majoritairement utilisée dans trois cas bien distincts :

Pour la téléexpertise : permettre à un professionnel médical de solliciter l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux experts à partir d’éléments du dossier médical du patient.

Pour la téléassistance médicale : permettre à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel au cours de la réalisation d’un acte.
Pour la télésurveillance médicale : permettre à un professionnel médical d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical du patient, afin de prendre des décisions sur sa prise en charge.

La téléimagerie est une composante essentielle de la télémédecine, c’est pourquoi ces trois types d’actes sont désormais reconnus par le décret télémédecine, qui pose les bases réglementaires de ces nouvelles pratiques.

A quoi ça sert ?

L’attrait principal de la transmission d’images médicales, lorsqu’un deuxième avis médical est souhaité par un professionnel de santé, réside dans le gain de temps. Cette pratique apporte aussi d’autres bénéfices, qui pour la plupart concourent à fluidifier la coordination des soins. Ainsi, la prise en charge du patient est améliorée et elle est plus rapide. Une étude du SNITEM liste d’autres avantages :

Elle est une réponse à la répartition inégale en France des experts en imagerie. Elle évite au patient de se déplacer jusqu’au cabinet d’un expert pour réaliser un autre examen, ou de s’y rendre avec ses images.
Grâce à la rapidité et à la fluidité des échanges, elle autorise la prise en charge des patients relevant de soins d’urgence ou de filières spécialisées (AVC, maladies neurologiques, cancer, pédiatrie…) qui peuvent difficilement se déplacer.
Elle facilite la collaboration médicale, à l’heure où les traitements des maladies chroniques ou graves nécessitent de plus en plus l’intervention de plusieurs spécialistes.
Elle est un vecteur indispensable à la recherche, qui compile des données et peut les traiter numériquement pour découvrir de nouveaux traitements ou diagnostics.
Elle peut également être utilisée pour la formation médicale à distance.

Et demain ?

A l’heure actuelle, de nombreux projets de téléimagerie se développent sur le territoire, encouragés par les pouvoirs publics. L’ASIP Santé apporte elle aussi un soutien financier et d’organisation aux projets, à travers des appels à projets auxquels répondent les hôpitaux et cliniques.

Avec le décret qui encadre ces pratiques, les projets expérimentaux de téléimagerie vont enfin pouvoir passer à une phase d’utilisation généralisée. Un bon exemple de ce changement d’échelle: le projet T-Lor (Télésanté Lorraine). T-Lor est l’outil de téléradiologie qui permet aux radiologues d’astreinte d’assurer un diagnostic à distance depuis leur lieu de séjour à l’aide d’un équipement dédié, connectable à internet. Il connecte à distance le médecin urgentiste ou le neurologue, le manipulateur radio présent auprès du patient, et un téléradiologue qui interprète les images et envoie son diagnostic par réseau sécurisé. Au total, le temps entre la demande d’examen du clinicien et le retour du compte rendu du radiologue est de 20 à 40 minutes, quand auparavant le radiologue devait parcourir des kilomètres pour examiner un patient.

Ce service, développé avec le soutien notamment de l’ASIP Santé, est opérationnel depuis 2010. Il associe une vingtaine d’établissements situés un peu partout en Lorraine, et a déjà permis de réaliser plus de 5000 actes impliquant la téléimagerie.