Apparues pour la première fois en 1920, les applications médicales à distance se développent rapidement grâce aux technologies de l’information et de la communication. Les réalisations en « Télémédecine » se multiplient dans plusieurs pays autour de normes provisoires, alors que la Toile propose des applications de « Télésanté » aux Internautes. L’évolution de ce double domaine est à la fois rapide et diversifiée. I – Télémédecine et télésanté

La médecine associée aux TIC se présente aujourd’hui sous différentes formes et sous différentes appellations (E-Santé, Télésanté, e-Health, m-Health, telemedecine, etc.). Elle répond à des définitions et des objectifs différents.

La Télémédecine

Selon l’article L.6316-1 du Code de la santé publique [Octobre 2010], la « Télémédecine est une pratique médicale qui met en rapport entre eux, par la voie des nouvelles technologies, soit le patient et un ou plusieurs professionnels de santé (parmi lesquels un professionnel médical), soit plusieurs professionnels de santé, (parmi lesquels au moins un professionnel médical). Elle permet d’établir un diagnostic, d’assurer un suivi médical, de requérir un avis spécialisé, une téléconsultation (visioconférence ou messagerie), une télé-expertise, (…), de prescrire des actes, d’effectuer une télésurveillance de l’état des patients, ou une téléassistance médicale, etc. ».

La Télémédecine est l’activité médicale qui s’exerce à distance afin de répondre aux actions qui réclament une action urgente par délégation limitée dans l’attente des secours ordinaires. L’Organisation mondiale de la santé (WHO) en avait défini le concept dès 1997. A titre d’exemple, le Samu de Paris est en liaison avec les avions, les TGV et les Consulats français, pour apporter une assistance médicale en cas de besoin. La « téléassistance médicale » recouvre plusieurs disciplines, dont la télésurveillance des dialyses rénales, la télé cardiologie, la surveillance du bien-être fœtal, etc.

Pour l’OMS et l’UIT-T, la Télémédecine se divise en cinq familles d’usages :

A – Alertes régionales de santé (pour les pandémies, par exemple) ;
B – Urgences médicales à distance (absence de médecin sur place : îles, lieux de combats, secours sur le lieu de travail, etc.)
C – Hospitalisation à domicile (HAD) pour les « aînés » et les handicapés ;
D – La Télésanté, ou « e-Health » ou « Cybersanté », portails d’informations gratuites de type « Wikipédia médical » dans le cadre de l’automédication ou de la simple information, ou applications de Google Health, etc. ;
E – Projets nationaux structurés utilisant les TIC dans la pratique des soins médicaux reposant sur la tenue d’un Dossier Médical Personnel (DMP) et d’un Dossier Pharmaceutique (DP) en France et par l’Electronic Health Record (EHR) aux États-Unis.

Pour sa part, et sous le nom de « télésanté », l’ISO considère la « médecine dite d’urgence » et « la médecine de tous les pays du monde ».

La Télésanté

D’une façon générale, les applications de la télésanté sont celles qui sont disponibles sur l’ensemble des sites et portails Internet liés à la santé. Ces sites, gratuits ou payants, prodiguent selon le cas conseils, recommandations, forums, bulletins d’information, résumés de recherche médicale, etc. (voir ci-dessous § VI).

Technologies de communication utilisables en télémédecine

Six technologies de communication, elles-mêmes combinables et dont le contenu peut être chiffré, peuvent être employées en télémédecine :

1. Communication téléphonique vocale en temps réel, par liaison filaire ou radioélectrique
2. Système d’enregistrement et d’envoi de messages en mode texte et/ou d’images, de télécopie, avec des images en mode JPEG, MPEG ou DICOM ;
3. Visioconférence en temps réel ;
4. Systèmes de formation basés sur la Toile avec utilisation de réseau à distribution de contenu (CDN) en flux continu (Webinars) ;
5. Identification des personnes ou des dossiers médicaux à l’aide des technologies RFID et NFC ;
6. Usage des moyens participatifs de communication électronique (sites de la Toile avec messages adressés au gestionnaire, Web2.0, Wikis, Blocs notes, etc.).